TAMRA MAEW

Illustration du Wichienmaat et du Korat dans le Tamra Maew, ancien manuscrit thaïlandais décrivant les chats Maew Boran du Siam
Illustration du Korat (Si Sawat) et du Thaï (Wichienmaat) dans un manuscrit Tamra Maew


Les anciens livres des chats du Siam
Bien avant que les chats du Siam ne fascinent les amateurs occidentaux, ils occupaient déjà une place particulière dans la culture et les croyances du royaume de Siam. Leur présence est attestée dans une série de manuscrits anciens appelés Tamra Maew, littéralement « Traité des chats ».

Ces textes appartiennent à une tradition de livres pliés connus sous le nom de Samut Khoi. Réalisés sur un papier fabriqué à partir de l’écorce du mûrier, ces ouvrages se présentent sous la forme de longues bandes de feuilles pliées en accordéon. Ils étaient conservés dans les temples et utilisés pour transmettre des connaissances très diverses : textes religieux, poésie, médecine traditionnelle, astrologie ou descriptions d’animaux.
Le Tamra Maew constitue ainsi un ensemble de poèmes et d’illustrations consacrés aux chats du Siam. Il ne s’agit pas d’un manuscrit unique, mais d’une tradition littéraire transmise et recopiée à travers de nombreuses copies au fil des siècles.

Illustrations de chats du Tamra Maew représentant des Maew Boran dont le Korat et d'autres variétés anciennes dans un manuscrit thaïlandais
Illustrations de chats du Tamra Maew représentant les Maew Boran dont Korat et Konja dans un Samut Khoi

Une tradition héritée du royaume d’Ayutthaya
L’origine de ces textes est généralement associée à la période du royaume d’Ayutthaya Kingdom, qui fut pendant plusieurs siècles le centre politique et culturel du Siam.
Toutefois, les manuscrits conservés aujourd’hui ne remontent pas directement à cette époque. Le climat tropical et la fragilité du papier rendaient nécessaire la copie régulière des ouvrages. Les exemplaires connus datent le plus souvent du XVIIIᵉ ou du XIXᵉ siècle, bien que les poèmes eux-mêmes puissent être beaucoup plus anciens.
Ces manuscrits étaient réalisés par des moines érudits ou par des scribes liés à la cour royale. Les textes, composés sous forme de courts poèmes, étaient accompagnés d’illustrations stylisées représentant les différentes variétés de chats.

Les chats de fortune et les chats néfastes
Dans la tradition du Tamra Maew, les chats du Siam étaient classés selon leur influence symbolique sur la destinée de leur propriétaire.
Les manuscrits décrivent généralement dix-sept chats considérés comme favorables, porteurs de chance et de prospérité, ainsi que six chats considérés comme néfastes, associés au malheur ou à la discorde.
Parmi les chats porte-bonheur figurent plusieurs variétés aujourd’hui bien connues :

 
Illustrations du Tamra Maew montrant les 5 différentes variétés emblématiques de chats Maew Boran de Thaïlande Wichienmaat Suphalak Korat Khao Manee et Konja

Le Wichienmaat
, ancêtre du Siamois traditionnel, dont la robe claire contrastant avec les extrémités foncées était déjà décrite dans les poèmes anciens.

Le Suphalak, chat à la robe cuivre appelé Thong Daeng, littéralement « cuivre rouge ».

Le Si Sawat, connu aujourd’hui sous le nom de Korat, dont la robe bleu-argent évoque la couleur des nuages avant la pluie.

Le Khao Manee, chat blanc immaculé aux yeux brillants, parfois décrits comme « yeux d’or et d’argent ».

Le Ninlaret ou Nin-Rad, chat noir profond souvent associé à la notion de pierre précieuse sombre ou de perle noire.

Ces descriptions mêlent observations physiques et symbolisme. Les poèmes évoquent à la fois la couleur du pelage, la forme des yeux ou la texture du poil, mais aussi la chance, la richesse ou la protection spirituelle que ces chats étaient supposés apporter à leur foyer.

Des manuscrits multiples et parfois contradictoires
L’étude des Tamra Maew est rendue complexe par la multiplicité des copies existantes. Les manuscrits ont été copiés et réillustrés à de nombreuses reprises, et chaque version présente des différences.
Certains chats décrits dans les poèmes ne figurent pas toujours dans les illustrations. D’autres apparaissent sous des noms légèrement différents selon les manuscrits. Ces variations ont conduit les chercheurs à considérer le Tamra Maew non pas comme un ouvrage unique, mais comme une tradition littéraire vivante, enrichie au fil du temps.
Aujourd’hui, plusieurs collections importantes de ces manuscrits sont conservées dans des bibliothèques et des musées, notamment à Bangkok et à Londres.

Illustrations du Tamra Maew représentant un Wichienmaat et un Ninlaret (Konja), chats traditionnels du Maew Boran dans un manuscrit ancien du Siam
Illustrations anciennes du Tamra Maew montrant les chats Maew Boran dont le Wichienmaat et le Ninlaret, ancêtres des lignées thaïlandaises

L’influence de Daphne Negus dans l’histoire moderne des manuscrits
Une grande partie de la connaissance occidentale sur ces manuscrits provient des travaux de Daphne Negus, une juge féline et auteure britannique qui s’intéressa dans les années 1960 et 1970 à l’histoire des chats asiatiques.
Dans ses écrits, elle décrivit un manuscrit qu’elle appelait le Cat Book of Poems, qu’elle identifiait comme un Smud Khoi consacré aux chats du Siam. Selon son récit, ce manuscrit aurait été réalisé à la demande du roi Chulalongkorn, qui régna de 1868 à 1910.
Daphne Negus affirmait que ce manuscrit aurait été peint par un moine de haut rang nommé Somdej Phra Buddhacharn Buddhasarmahathera. Cette histoire a été largement reprise dans les publications félines occidentales et a contribué à populariser l’idée d’un ancien « livre des chats » provenant directement de la cour royale du Siam.
Cependant, des recherches plus récentes menées en Thaïlande ont montré que cette histoire était probablement plus complexe. Des chercheurs et des passionnés ont tenté de retrouver le manuscrit exact mentionné par Daphne Negus dans les archives du Musée national et de la Bibliothèque nationale de Thaïlande, mais aucun document correspondant précisément à sa description n’a pu être identifié.
Les archives monastiques n’ont pas non plus permis de confirmer l’existence du moine mentionné dans son récit à la période indiquée. Un religieux portant un nom très proche a bien été identifié, mais il serait né au début du XXᵉ siècle, ce qui rend improbable sa participation à un manuscrit commandé par le roi Rama V.
Ces incohérences ont conduit certains chercheurs à penser que Daphne Negus avait peut-être décrit un manuscrit réel, mais en mélangeant plusieurs sources ou versions différentes du Tamra Maew



Tamra Maew illustrant le Wichienmaat Thai, le Suphalak,  le Korat et le Konja
Illustration d'un Suphalak, d'un Korat, d'un Wichienmaat (Siamois ancien) et d'un Konja


Les Maew Boran aujourd’hui
Le terme Maew Boran, qui signifie « chat ancien », désigne aujourd’hui l’ensemble des chats traditionnels originaires de Thaïlande.
En Occident, ces chats ont été séparés en différentes races distinctes :
Siamese cat
Burmese cat
Tonkinese cat
Korat
Khao Manee
Mais dans leur pays d’origine, ces distinctions sont souvent considérées comme artificielles. Les chats thaïlandais traditionnels sont perçus comme les différentes expressions d’une même population naturelle, présentant une grande diversité de couleurs et de motifs..

Un héritage toujours vivant
Les manuscrits du Tamra Maew constituent aujourd’hui l’un des témoignages les plus précieux de l’histoire des chats du Siam. À travers leurs poèmes et leurs illustrations, ils révèlent l’importance culturelle et symbolique que ces animaux occupaient dans la société thaïlandaise.
Ils rappellent également que les chats aujourd’hui connus sous le nom de Siamois, Korat, Suphalak ou Khao Manee ne sont pas seulement des races modernes, mais les héritiers d’une tradition féline ancienne qui remonte à plusieurs siècles.
C’est dans cet héritage que s’inscrit aujourd’hui le travail de préservation des Maew Boran, afin de transmettre au monde contemporain ces chats anciens qui ont traversé l’histoire du Siam.

Les Dix Sept Chats Porte-bonheur du Tamra Maew registre ancien des moines Thaïlandais
Les variétés de chats thaïlandais anciens, décrites et illustrées dans les manuscrits du Smud Khoi


Manifeste Maison RĀTANA ✨
Pour la renaissance authentique des chats thaïlandais

Pendant longtemps, en Occident, le Siamois originel — le Wichienmaat — s’est peu à peu éloigné de ses racines.
La volonté de recréer le Thai dans les années 80 a parfois conduit à des lignées incertaines, mêlant des croisements qui ont brouillé son identité.
Aujourd’hui, une nouvelle ère s’ouvre.
Depuis 2014, la TIMBA (Thai International Maew Boran Association) œuvre en Thaïlande pour préserver les véritables lignées des Maew Boran.
Grâce à des éleveurs fondateurs tels que  Kamnan Preecha, Vadhana et Boonyaporn, il est désormais possible d’importer de véritables Wichienmaat, issus de populations naturelles.

 Il n’est plus nécessaire de recréer.
Il est désormais possible de préserver.

Chez Maison RĀTANA – House of Rare Thai Cats, ce choix est une évidence.

Depuis plusieurs années, j’ai fait le choix d’orienter mon travail vers la Thaïlande, afin de construire des lignées authentiques, fidèles à l’histoire et aux manuscrits anciens.

Le Thai n’est pas une invention d’éleveurs.
✨ Il est le Wichienmaat. ✨

La nomenclature internationale ne laisse place à aucun doute :
le code THA est celui du Thai comme du Wichienmaat.
Une seule désignation. Une seule origine.

Redonner au Thai ses lettres de noblesse, c’est revenir à ses origines, en respecter l’intégrité, refuser toute forme de compromis et préserver un patrimoine vivant.

Plus qu'un élevage, une mission 
Plus qu'une passion, un engagement 
MAISON RĀTANA 




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