Génétique de la robe chocolat du Suphalak

La robe chocolat fascine depuis toujours les amateurs de chats rares.

Chaleureuse, profonde, lumineuse au soleil, elle possède une richesse de nuances unique dans le monde félin.

Mais derrière cette couleur spectaculaire se cache avant tout une génétique bien précise.

Chez les chats de Thaïlande, cette couleur existe depuis des siècles et fait partie intégrante des anciennes lignées décrites dans le Tamra Maew, les manuscrits historiques du royaume du Siam.

Le Suphalak représente aujourd’hui l’une des expressions les plus anciennes et les plus rares de cette génétique chocolat.


Le gène responsable de la couleur chocolat

Chez le chat, la couleur brown est contrôlée par la série génétique B.

Cette série comprend trois allèles principaux :

B = noir

b = chocolat

b¹ = cannelle

Le noir est dominant sur le chocolat, et le chocolat est dominant sur la cannelle.

Pour qu’un chat exprime la couleur chocolat, il doit recevoir le gène chocolat de ses deux parents.

Le chat sera donc : b/b ou b/b¹

Si le chat possède un allèle noir dominant (B), la robe apparaîtra noire même si le gène chocolat est présent en arrière-plan.


Le rôle du gène de dilution

La génétique de la robe ne s’arrête pas là.

Un second gène intervient : le gène de dilution.

D = couleur dense

d = dilution

Un chat chocolat non dilué sera : D/D ou D/d.

En revanche, un chat  d/d verra sa couleur chocolat se transformer en lilas.

C’est notamment ce mécanisme génétique qui donne naissance aux variétés lilas chez certaines lignées thaïlandaises appelés SI Kleep Bua (pétale de Lotus).


Pourquoi le chocolat paraît-il cuivré ?

Le chocolat félin n’est pas un brun uniforme.

La structure du pigment produit des variations très particulières selon :

la lumière,

la température,

l’âge,

la qualité du poil,

et l’exposition au soleil.

Chez certains chats, notamment les Suphalaks, la robe développe des reflets :

cuivre,

acajou,

cannelle,

parfois presque rouges au soleil.

C’est cette profondeur qui distingue le véritable chocolat des simples robes brunes ternes.

Le Suphalak : une génétique ancienne de Thaïlande

Le Suphalak n’est pas une création moderne obtenue par sélection récente.

Il s’agit d’une race naturelle ancienne de Thaïlande appartenant aux Maew Boran, les chats traditionnels du royaume du Siam.

Dans les textes anciens du Tamra Maew, sa robe est décrite comme :

cuivre rouge, fleur de tamarin, ou métal chauffé.

Le nom traditionnel « Thong Daeng » signifie d’ailleurs :

cuivre rouge.

Le Suphalak possède donc une importance particulière dans l’histoire génétique de la couleur chocolat chez le chat.

Différence entre Suphalak et Burmese

Le Suphalak est souvent confondu avec le Burmese moderne en raison de sa couleur.

Pourtant, il s’agit de deux lignées différentes.

Le Burmese occidental a été développé à partir d’un nombre limité de chats importés puis sélectionnés en Occident avec des objectifs morphologiques spécifiques.

Le Suphalak, lui, appartient directement aux anciennes lignées thaïlandaises des Maew Boran.

Sa morphologie reste plus naturelle, plus proche des chats historiques du Siam.

Une couleur rare dans le monde félin

Même aujourd’hui, la robe chocolat reste relativement rare chez le chat.

On la retrouve notamment chez :

le Burmese,

le Havana Brown,

certains Orientaux,

le Siamois chocolate point,

ou encore le York Chocolate.

Mais le Suphalak demeure probablement l’une des formes les plus anciennes et les plus rares de cette couleur dans le monde.

Préserver une génétique historique

La préservation du Suphalak ne consiste pas uniquement à maintenir une couleur.

Elle permet aussi de conserver une partie du patrimoine génétique ancien des chats thaïlandais traditionnels.

Au sein de Maison RĀTANA – House of Rare Thai Cats, ce travail s’inscrit dans une démarche de préservation des lignées historiques des Maew Boran.

Le Suphalak représente aujourd’hui bien plus qu’un simple chat chocolat.

Il est l’héritier vivant d’une génétique ancienne préservée depuis des siècles en Thaïlande.


Articles les plus consultés